Dans les couloirs de la salle des ventes de Ginza à Tokyo, des douzaines de chinois attendent patiemment de pouvoir faire grimper les prix. On jette un coup d’œil, on essaye de se rapprocher afin d’entrevoir le prochain objet mis à prix.
Cette salle de ventes fait venir les Chinois les plus riches et pour cause, elle vend les objets les plus précieux. Les antiquités que l’on y trouve datent parfois de la dynastie Qing (1644-1912) et se sont retrouvées au Japon lors de la période chaotique de la Révolution Culturelle.
Les employés de la salle des ventes affirment que les enchérisseurs vont jusqu’à dépenser plus de 10 millions de yen (90 496 euros). Un de ces acheteurs d’environ 40 ans explique qu’il « a perdu le compte du nombre d’objets acquis ».
« On ne lésine pas sur les prix car on sait que la qualité sera de toute manière bonne, contrairement aux contrefaçons chinoises » expriment les enchérisseurs. De plus, ils savent que les antiquités sont très bien préservées au Japon. Miyuki Nakamura, directeur des salles de ventes de Ginza, affirme que « le Japon a toujours eu beaucoup d’estime pour la culture chinoise et c’est pourquoi la préservation de son art est raffinée ».
Dans le sens inverse, les Japonais s’étaient eux aussi déplacés en Chine pour acheter les objets d’art japonais, mais Nakamura explique que la ferveur que les Chinois montrent de nos jours excède largement celle des Japonais à l’époque. Il conclut que « le fait que les Chinois se pressent de venir chercher les objets de valeurs montre à quel point le lien entre les deux pays est fort ».
Lisa
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